Twitter c'est l'application à la mode, outil de microbloging pour dire ce que l'on fait à un instant T, un ersatz égocentrique de cette irrémédiable inclinaison du monde occidental vers le pipolisation de l'être. Etre entendu, lu, suivi, aimé pour une vie, un jour, une heure. Témoignage d'une irrévocable extinction de la douceur d'être au monde, de l'absolue solitude, de l'individu abandonné par le groupe social, de la non-action, de la non-expérience, d'un peuple dont la musique s'éteint.
Le Web 2.0 accouche du plus paradoxal des réseaux sociaux puiqu'il est la négation même de l'altruisme. Qu'à titre professionnel ou privé on y trouve un intérêt passe encore (signaler ou se signaler ?) mais que le quidam impudique offre son sordide quotidien au monde entier ne peut révèler que sa misère : "je me fabrique des slogans pour ma propre publicité". Un excès de sens qui détruit son sujet. Stupide et inutile sauf à ce que la pulsion du pioupiou cèdent devant la nécessité absolue appelant à l'intervention urgente d'un tiers même s'il est un inconnu ou devant l'annonce d'une nouvelle de portée universelle. La remarque vaut pour tous les outils semblables, à l'exemple du "Exprimez-vous" de Facebook.
Un tagger a fourni une superbe illustration artistique à cette réflexion. Une mise en abyme. En abîme, dites-vous ?
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